Jamaïque : « socialism is love », les années Manley (1972-80)

Jamaïque : « socialism is love », les années Manley (1972-80)
Mise à jour le 24/01/2013 - 14:28  | Publié le 22/10/2012 - 12:06
Il y a exactement cinquante ans, le 6 août 1962, la Jamaïque obtenait son indépendance après trois siècles de domination anglaise. Dans l’inconscient collectif, l'île reste associée à une série de poncifs liés au mouvement rastafari : dreadlocks, ganja, drapeau vert-jaune-rouge de la mythique Éthiopie et sympathique message peace and love. En réalité, le tableau de la Jamaïque est bien sombre.

L’économie tourne au ralenti, plombée par une dette abyssale, et les trois quarts des habitants sont considérés comme « pauvres » par les Nations unies. L’autre point noir, c’est la violence extrême qui ravage le pays. Instrumentalisés par les deux grands partis politiques, les gangs se livrent une guerre sans merci pour le contrôle de la drogue et des armes.


En 1972, quand la gauche arrive au pouvoir après dix ans de gestion libérale, la situation est toute autre. Malgré les difficultés, un vent d’espoir souffle sur l’île, porté par une croissance soutenue et la réussite des luttes sociales dans le monde entier.


Le 29 février, les progressistes remportent le scrutin haut la main : une victoire aussi importante en Jamaïque que l’élection de François Mitterrand en 1981. Pour l’homme du ghetto, le meilleur reste à venir...


Reggae et socialisme démocratique


Sur une scène politique qui se limite à l'affrontement entre le PNP (People's National Party, centre-gauche) et le JLP (Jamaïcan Labour Party, centre droit), deux formations interclassistes et multiraciales à l'électorat comparable, Michael Manley comprend très vite que pour gagner, il doit s'appuyer sur le reggae et le mouvement rasta.

Comme le souligne Edward Seaga, son meilleur ennemi politique, Manley a « alors su capter la psyché de l'électorat jamaïcain ». Aidé par Clancy Eccles, jeune chanteur et producteur qui flaire le bon filon, il met sa campagne en musique au rythme du reggae - c'est le bandwagon tour -, brandit la rod of correction - le bâton de correction que lui aurait offert l'Empereur d'Éthiopie - pour punir la droite. La rue et les rastas se rangent derrière « Joshua », qui va faire tomber la muraille JLP au pouvoir depuis l'indépendance.

Cliquez sur l'image pour accéder à l'intégralité de l'article et écouter l'émission, Invité(s) :
Thibault Ehrengardt, journaliste spécialiste du reggae et de la Jamaïque sur franceculture par

 Simon Rico.

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