
Cette semaine en préparant cet article, j'ai pu refaire un tour rapide de l'actualité reggae du mois de Mars et me rendre compte encore une fois de toutes les bonnes choses qui font cette musique. Et ceci, malgré les dérapages de certains médias en ce début d'année, si vous ne voyez pas, je vous donne un exemple: comment peut-on titrer un article "15 ans de prison pour Buju Banton", quand l'homme ou sa famille ne sont toujours pas fixés sur la sentence. C'est simplement abject.
Néanmoins, il est bon de voir l'expansion de notre genre musical et le développement massif du Reggae et du Dancehall sur Internet. J'aimerais qu'un jour nous puissions créer une fédération internationale des médias Reggae et Dancehall, qui puisse déjà nous protéger contre un certain nombre d'attaques, mais aussi nous permettre de s'assurer du sérieux de certains médias et, pourquoi pas, de les labelliser.
Pourquoi ce désir ? Parce qu'aujourd'hui notre rôle en tant que média est de défendre à la fois le consommateur et l'amateur de cette musique, mais aussi d'assurer un avenir plus prospère à nos artistes. Je verrais bien un label de qualité décerné chaque année au meilleur média dans chaque pays, un futur guide des meilleurs sites, journaux, magazines etc...Ceux qui fournissent le meilleur travail et la meilleure promotion devraient pouvoir être récompensés.
Nathalie Storm
Nathalie Storm sort enfin son nouveau single Hotta, grosse nouveauté de ce début 2011. Comme elle le dit sur le site de mon confrère dancehall mobi, « Kunley (Ward 21) et moi avons écris cette chanson, nous voulions créer quelque chose que les gens peuvent danser et chanter depuis leur cuisine ou dans les clubs » . En tout les cas, le morceau est très réussi et original, il est à présent disponible à la vente sur Itunes.
Sheya Mission
Une autre femme, n'y voyait aucun sexisme ou fausse intention de rallier à moi les lectrices de DA VIBE Jamaica... Pour être plus sérieux cette artiste mérite d'être écoutée. Sheya vit en Suède et vient de sortir Nine Signs and Heavy Bliss, un des meilleurs albums féminins de ce début d'année 2011. L'album est produit pas Jonahgold, déjà connu pour son travail avec Daweh Congo en 2009 sur le magnifique 'Ghetto Skyline'.
L'album est composé de 20 morceaux, avec dans l'ensemble un son plutôt jazz, rappelant le métissage musical du lovers rock anglais. A conseiller pour un moment de détente à la maison, amateur de grosse vibe pour sound system, s'abstenir.
Un documentaire sur le Rub A Dub
Un événement à ne pas manquer, la sortie ce mois ci d'un documentaire en DVD consacré au Rub a Dub intitulé Return Of The Rub-A-Dub Style.
Le "Rub-A-Dub" est une variante du reggae roots apparut à la fin des années 70 dans les sound systems, lorsque les deejays passaient des "versions" (version dub d'un morceau) et chantaient par dessus. Il est le style dominant en Jamaïque jusqu'en 1985.
Ce documentaire, réalisé par Steve Hanft, un réaliseur indépendant californien et le sound system Echodelic, propose de découvrir les meilleurs représentants du genre comme Brigadier Jerry, Ranking Joe, U-Roy, Tristan Palmer, Edi Fitzroy ou Welton Irie. Mais ce n'est pas la seule attraction du dvd, puisqu'il contient la bande originale de dix septs morceaux en CD, dont des morceaux enregistrés spécialement en Jamaïque pour l'occasion.
Delly Rank, un nouveau riddim
Nouvelle production pour Delly Ranx, le Sweet Corn riddim est disponible avec une pléiade d'artistes, Da'Ville, Lutan Fyah, Gappy Ranks, Teflon, Voicemail, Wayne Wonder et Chevaughn. Delly Ranx s'était déjà illustré en Janvier dernier en sortant un très bon album avec Sadiki appelé Fi Di Dancehall. A écouter rapidement !
Slash, War & Crime
Special Delivery nous propose de découvrir Slash et son morceau War & Crime. Cette chanson parle de la guerre et des crimes en Jamaïque et partout dans le monde. Un sujet d'actualité quand on voit que la guerre est déclarée avec la Lybie. Please stop that shit !
War
En parlant de guerre, quand un de vos amis vous appelle depuis Tripoli pour vous dire qu'il est en ce moment même sous les bombardements organisés par votre pays, peu importe votre position, que vous avaliez toutes les bêtises des médias occidentaux ou que vous en sachiez un peu plus sur la vérité de ce conflit, votre cœur est suspendu à la voix de votre ami et vous pourriez avoir honte d'être Français...
La culture reggae c'est avant tout l'amour et le partage, donc voici les paroles écrites par Little Roy sur son morceau Tribal War, un morceau enregistré par Lee Perry et joué à la basse par Dennis Brown et à la batterie par Horsemouth Wallace.
We should live in love
War can't do a thing
The arms of gun is helpless
Fathers against son
Countries against countries
What we need, all we need is love
We don't need no war
Cette chanson date d'avant ma naissance et déjà des Hommes comme vous et moi, rêvaient d'un monde meilleur. Ils n'ont obtenu que de faibles (voir minimes) améliorations, j'espère que vous, les futures générations, vous serez capables de remettre tout ça en place. Mes frères, il est temps de dire non à toute cette barbarie et de faire notre révolution, qu'elle soit musicale, culturelle ou philosophique.
Polémique
A ce propos, je voudrais parler d'un événement pour lequel DA ViBE Jamaica a fait un article le 16 mars dernier. Il s'agit du morceau d'Admiral T dans lequel il aborde le problème de décoloration volontaire de la peau. Il y parle évidemment des frasques de notre ami Vybz Kartel, sur un rythme assez hardcore et un texte plutot virulent.
Cette semaine, j'ai été surpris de lire une interview parue sur le site d'un de nos confrères, où il s'explique sur la polémique autour de son morceau. Son mur Facebook était envahi de messages de « sympathisants » (entendre ami), pour certains hostiles et pour d'autres plutôt en accord avec sa pensée au sujet du fameux extrait radiophonique « No Bleaching ».
Je vais être franc, je n'ai pas l'habitude de faire le journaliste et de garder mon opinion pour moi, mais il y a un fossé entre la chanson et les réponses d'Admiral T. Ce n'est plus la même personne qui nous parle. J'aurais tendance à dire qu'il a cherché le buzz et qu'il l'a eu, mais pas comme il l’espérait, le soutien est modéré.
Je trouve la polémique autour de Kartel un peu légère et les attaques contre lui démesurées.
De plus, tirer sur Dark Vador, Maître de l'Empire, mince je devrais plutôt dire White Vador, n'est pas donné à tout le monde. D'autres ont déjà reçu des projectiles pour les mêmes raisons. Le sujet fâche et je peux le comprendre, les fans de l'artiste jamaïquain rêvant de liberté.
Tout de même, si l'on reste concentré sur son interview, je trouve le message nécessaire pour parler de ce fléau qui touche aujourd'hui des millions de gens déboussolés. Ce problème existe, il ne faut pas se voiler la face, et comme le dit si bien le résumé au dos du livre de Serge Bilé « Blanchissez-moi tous ces nègres », on a tout dit sur les hommes et les femmes noires qui blanchissent leur peau, complexés, masochistes, et surtout inconscients des dangers que leur font courir ces pratiques : hypertension, stérilité, problèmes osseux, voire cancers. On a tout dit de ces personnes, sauf qu'ils étaient l'héritage d'un passé encore plus obscure sur ce type de pratique. Je n'irai pas plus loin, si vous vous intéressez au sujet, il existe en librairie quelques livres intéressants à lire comme celui de Bilé ou celui de Gaston M'Bemba-Ndoumba « Ces noirs qui se blanchissent la peau » aux éditions L'Harmattan.
Dans ce sens, je ne comprends pas pourquoi mêler Vybz Kartel à ce sujet douloureux, sachant que cette pratique a existé bien avant lui et existera bien après lui. Les fans sont assez intelligents pour faire la différence entre l'homme et sa musique, et au niveau musical, son talent n'est même pas discutable.
Je vous laisse réagir et laisser vos commentaires sur ce sujet.
Big Up Martinique
La semaine dernière, je m'adressais aux soundbwoys de la Martinique, cette fois ci je voudrais saluer un débrouillard, c'est comme ça que je vais le surnommer amicalement, parce que l'homme en question est capable de presque tout dans un studio, derrière un micro ou avec une caméra. Johann Etifier est ingénieur et producteur pour le label Royal Warriors Muzik, fondé il y a six ans et basé dans la commune des Trois-Ilets. C'est toujours un plaisir de rencontrer quelqu'un qui se bat pour un idéal et qui repousse sans arrêt les limites de la création musicale. Big Up, un label à découvrir en urgence !
A la semaine prochaine pour une nouvelle semaine d'actualité reggae dancehall!









