
Née à Londres en 1956, elle est fille de deux parents arrivés de Jamaïque – principale plaque tournante de la traite des Noirs - à la fin des années 40 qui préféraient dire qu’ils descendaient de propriétaires d’esclaves que d’esclaves tout court.
Du coup, roman après roman, Andrea Levy questionne le lien intime qui unit l’histoire britannique à celle des Caraïbes et plonge avec vista dans la vie quotidienne des minorités de couleur en Europe.

Son quatrième roman, l’émouvant, habile et original "Une si longue histoire", répond à la question que lui posait une jeune femme lors d’une conférence:
«Comment puis-je être fière de mes racines jamaïcaines en sachant que mes ancêtres étaient esclaves?»
Interloquée, Andrea Levy releva le défi d’écrire un roman qui rende enfin fière cette lectrice, et toutes les autres.
"Une si longue histoire" n’est pas un roman sur l’esclavage mais l’histoire d’une vie marquée, hantée par l’esclavage, celle de July, fille d’une esclave des champs arrachée toute petite à sa mère par Caroline Mortimer, sœur du propriétaire de la plantation de canne à sucre, qui en fait sa chose.
Son fils lui est enlevé à son tour par un pasteur, tout comme la fillette née de sa liaison avec le jeune mari de Caroline. La fin de l’esclavage en 1838 annonce paradoxalement le début d’années d’amère misère, jusqu’au moment où July retrouve son fils, éduqué en Angleterre.
Profondément humain, donnant à voir les coulisses d’une société oubliée, sans voix, qui a pourtant donné naissance à une culture célébrée dans le monde entier, Une si longue histoire se tient résolument du côté de la vie.
I.Falconnier, L'Hebdo.




